Les rouages de la justice

La vie dans la prison

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Difficiles (ou dramatiques ?) conditions de vie en prison !

Le 2 juin 2018

Comme tous les ans, l’Observatoire international des prisons (en bref, l’O.I.P.) vient de publier son rapport concernant les conditions de vie dans les prisons.
Ainsi qu’il le fait depuis vingt ans, l’O.I.P. dénonce, une fois de plus, les abus et le non-respect des droits humains dans les établissements pénitentiaires belges.

Nombreux faits inquiétants

Pour l’année 2017, l’O.I.P. remarque que la Belgique s’est à nouveau fait interpeler par les autorités internationales et, par exemple, par la

Cour européenne des droits de l’homme

Pour qui ?

Un exemple : un Français, soupçonné d’avoir commandité l’agression d’une personne, a été arrêté. Il a avoué sa participation à l’

affaire

Une affaire? c’est un conflit? soumis à un juge?.

lors de l’interrogatoire mais n’a pas pu parler auparavant avec son

avocat

Les personnes qui s’adressent à la justice ou qui sont jugées pour une infraction? sont généralement aidées par un avocat?. Celui-ci est à la fois leur conseil, leur porte-parole et leur défenseur. L’avocat? est un juriste? diplômé d’une université. Il fait partie? de l’ordre? des avocats? qu’on appelle le « barreau? ».

. Il a ensuite été jugé par de Paris et condamné à cinq ans de prison avec un an de . Pas d’accord avec le , il est allé en . a confirmé sa puis la a estimé que le avait été correct.
Ayant épuisé tous les possibles dans son pays et estimant qu’un des droits protégés par la Convention européenne des droits de l’homme n’avait pas été respecté, cet homme s’est alors adressé à la Cour? européenne des droits de l’homme. Cette a été créée pour protéger ces droits. Elle à Strasbourg
Cette juridiction? a considéré que le Français n’avait pas été informé, avant son premier interrogatoire, de son au silence et à répondre ou non aux questions. Il n’a pu voir son avocat? que vingt heures après son arrestation. Or, ces droits - au silence et à voir un avocat? - font partie? des droits reconnus par la .

Pour quoi ?

La Cour? européenne des droits de l’homme est un tribunal international créé pour juger les États qui ne respectent pas les droits de l’homme. Il a été mis sur pied par le Conseil de l’Europe qui réunit 47 pays, soit presque tous ceux de l’Europe. Ensemble, en 1950, ceux-ci ont signé une sorte de contrat, appelé Convention, s’engageant à respecter les droits de l’homme de tous les habitants vivant ou passant sur leur territoire. Cette convention a été ensuite complétée par d’autres droits. Parmi ceux-ci, citons l’interdiction de toute discrimination, de la peine? de mort et de la torture, le respect de la vie privée… ou encore, comme dans notre exemple, le droit? à un procès? équitable.
Selon le droit? belge, gagner « à Strasbourg », ainsi que le dit le langage quotidien, permet à l’intéressé et au à la Cour? de cassation? de demander à celle-ci d’examiner s’il ne faut pas alors recommencer le procès? lorsqu’il s’agit d’une . De toute façon, dans toutes les matières, la condamnation? d’un pays par la Cour? européenne des droits de l’homme oblige le pays concerné à revoir sa pratique et éventuellement même sa lorsque c’est celle-ci qui est à l’origine de la violation constatée.
Parfois, la Cour? accorde une réparation en argent à celui qui a été victime d’une violation d’un droit? de l’homme.

Qui est présent ?

La Cour? européenne des droits de l’Homme compte 47 , un par pays du Conseil de l’Europe. Elle statue, autrement dit elle décide, avec des qui comportent plusieurs juges? et parfois, pour des affaires? importantes, avec une Grande chambre? de 17 juges?.

Où siège? la Cour? européenne des droits de l’Homme ?

La Cour? européenne des droits de l’Homme se trouve à Strasbourg, en France.

. Celle-ci l’a condamnée pour la mort d’un jeune prisonnier, malade mental, provoquée par l’intervention des agents pénitentiaires.
En 2014 déjà, la Cour? européenne des droits de l’homme avait imposé à la Belgique de résoudre les problèmes liés à la surpopulation de ses prisons, à leur vétusté et au manque d’hygiène.
L’O.I.P. relève et souligne certains faits particulièrement inquiétants.
Durant les actions collectives des agents, comme des grèves, les conditions de vie des ne respectent plus les droits de l’homme. En effet, ils sont alors souvent privés de visite mais aussi d’activités ou encore d’accès régulier aux douches. L’O.I.P. insiste pour qu’en cas de grève, un service garanti soit organisé pour respecter les droits des prisonniers à une vie digne.
Autre fait grave : les malades mentaux, internés, doivent normalement être placés dans des établissements qui permettent de les soigner. Ce n’est, la plupart du temps, pas le cas et ces détenus? peuvent se retrouver dans les annexes psychiatriques des prisons pendant plusieurs années. Or le personnel spécialisé en santé mentale y est trop peu nombreux.
En septembre 2016 déjà, la Cour? européenne des droits de l’homme avait donné deux ans à la Belgique pour revoir et humaniser sa politique d’internement des détenus? atteints de troubles psychiatriques.

Santé et hygiène

Un prisonnier sur deux se dit en mauvaise santé. L’O.I.P. souligne l’absence ou les grands retards de soins de santé. Le personnel médical est insuffisant et donc, il faut longtemps pour obtenir un rendez-vous. D’autre part, un médecin doit parfois examiner 20 à 50 détenus? en deux heures ! Des prisons n’ont pas non plus de médecins spécialistes ou pas de centre médico-chirurgical pour réaliser certains examens et interventions. Les détenus? doivent être emmenés dans des hôpitaux à l’extérieur mais, comme des mesures? de sécurité doivent alors être mises en place, l’accès aux soins est encore allongé.
L’O.I.P. souligne, une fois de plus, le mauvais état des anciennes prisons, vétustes et mal entretenues. Les conditions d’hygiène peuvent y être dramatiques : toilettes non isolées ou réduites à un seau, moisissure sur les murs, douches accessibles seulement un jour sur trois, etc. Dans les prisons plus récentes, les fenêtres ne s’ouvrent pas, aucune aération naturelle n’est possible.
La surpopulation est toujours aussi préoccupante et source de conditions de vie difficiles et malsaines par exemple lorsque l’espace minimal individuel est inférieur à 4m2 dans des cellules partagées.
Les conditions de vie difficiles des détenus? entrainent inévitablement des conditions de travail pénibles pour les agents et tous les travailleurs du monde de la prison.

Nouvelles prisons

En février 2017, le ministre de la Justice a annoncé la création de nouvelles places. Il prévoit l’extension de certains établissements, la création de nouvelles prisons, de centres de psychiatrie légale et de maisons de transition pour des détenus? en fin de . Une méga-prison devrait être construite à Haren, avec 1190 cellules.
Selon l’O.I.P., sa construction ne réduira pas le problème de la surpopulation et ne provoquera pas nécessairement la fermeture des établissements vétustes. D’autre part, cette prison sera gérée de manière beaucoup moins humaine, en ayant davantage à des moyens techniques modernes. L’O.I.P. s’oppose à ce projet. Il considère que la Belgique investit pour la répression des détenus? et dans la construction de murs alors qu’il serait plus utile de travailler à leur réinsertion avec d’importants moyens humains.

Commentaires

  1. Difficiles (ou dramatiques ?) conditions de vie en prison !

    5 juin 2018

    GeorgesOE

    Tout ce qui concerne le détenu? ne devrait s’appécier qu’au prisme des victimes, anciennes et potentielles !

  2. Difficiles (ou dramatiques ?) conditions de vie en prison !

    5 juin 2018

    Christine BIKA

    La privation de liberté est une peine? en soit et suffisante. On a aboli la torture depuis longtemps et infliger des souffrances à des détenu?-e-s, ça ne soulagera personne ni ne fera revenir des personnes assassinées.

    • Difficiles (ou dramatiques ?) conditions de vie en prison !

      6 juin 2018

      Nadine

      @ Christine Bika

      C’est exact. Mais en l’absence et dans l’attente de conditions de détention décentes, que préconisez-vous d’autre pour protéger valablement la société des prédateurs ?

      Sinon, l’UE à surtout "aboli" la peine? de mort, ce qui doit être salué. Torture et peine? de mort sont incompatibles avec la notion de peuples civilisés.

  3. Difficiles (ou dramatiques ?) conditions de vie en prison !

    6 juin 2018

    Nadine

    @ GeorgesOE

    ".... aux victimes potentielles ".

     ?!? La formule fait dans le spéculatif. Pour ma part, je laisse ce genre de pratique aux grands argentiers qui ont plutôt bien réussi . A pourrir la société.

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