Les rouages de la justice

Les professionnels gravitant autour de la Justice

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Le Journal du droit des jeunes (JdJ) : une revue au service du droit des jeunes

Le 9 juillet 2020

Pendant les vacances, Questions-Justice rencontrera quelques professionnels qui, de plus ou moins près, sont concernés par la justice et son fonctionnement. Nous leur poserons une première question : « Comment, par votre activité, faites-vous connaitre la justice ? » avant de leur demander de nous expliquer leur pratique ou leur réalisation.

Mots-clés associés à cet article : Droits de l’enfant , JdJ , Journal du droit des jeunes , Droit des jeunes

Première personne rencontrée, Benoit Van Keirsblick, rédacteur en chef du Journal du droit des jeunes, le JdJ. Il nous répond.

« Pour le JdJ, faire connaitre la justice, c’est la faire connaitre à travers l’activité de toute une série d’acteurs du quotidien de la justice, c’est faire connaitre son fonctionnement de l’intérieur. C’est encore la faire connaitre en tant qu’institution clé de notre société mais aussi en tant que véhicule de valeurs censées être à la base du fonctionnement de la société. Mais il s’agit aussi de questionner l’accès à la justice, notamment pour les enfants qui ne sont, a priori, pas les destinataires premiers de l’institution judiciaire ».

Quarante ans d’informations…

Le JdJ est né en 1979. Issu du monde associatif, et plus particulièrement du « Service droits des jeunes », il se présente alors sous forme de feuillets polycopiés. Il diffuse une série d’infos concernant les droits des jeunes, infos pêchées à différentes sources, pour un public de professionnels en contact avec des jeunes, par exemple dans les secteurs de l’aide à la jeunesse, de la protection de la jeunesse, etc. Les moyens sont sommaires et, longtemps, le JdJ fonctionne uniquement avec des bénévoles et des contributions de personnes actives dans le secteur de la jeunesse. Tout le journal est réalisé en interne.
Au fil du temps, le JdJ se professionnalise. Il publie ses propres contributions. Depuis quelques années seulement, une personne mi-temps et une personne quart-temps sont rémunérées. Financièrement, le JdJ vit principalement de ses abonnements. Porté par l’asbl « Jeunesse et droits », il reçoit un petit financement public lié à la participation des jeunes au sommaire du mensuel.

Aider, soutenir, accompagner

Le projet éditorial est clair : il s’agit de faire connaitre la législation concernant les jeunes, de la vulgariser pour la rendre compréhensible à un public non juriste (ou juriste mais non informé). Le JdJ informe le public le plus largement possible mais il se veut critique par rapport au fonctionnement de la société, aux politiques publiques concernant la jeunesse avec un parti pris : les droits de l’enfant et des jeunes doivent être mieux entendus, mieux respectés. La revue publie et diffuse donc des analyses et des avis avec l’objectif de susciter des débats.
« 650 abonnés, ce n’est pas énorme mais je pense que nous avons quand même un pouvoir d’influence, précise notre interlocuteur. Nous sommes très lus dans les cabinets ministériels et par les parlementaires qui suivent les questions jeunesse, enseignement, etc. ».
Benoit Van Keirsblick reformule très simplement le projet : « Comment peut-on aider, soutenir et accompagner les professionnels pour qu’ils puissent mieux aider, accompagner et soutenir les jeunes ».

Être utile !

« Nous voulons que ce que nous publions puisse être utile aux professionnels, que ça leur permette de se poser des questions, de se mettre en question, d’avoir les infos nécessaires », dit Benoit Van Keirsblick. Tous les mois, le JdJ publie des articles de fond, d’auteurs et de signatures connues. En mai par exemple, il est question de la protection juridique prénatale, d’un décret concernant l’accrochage scolaire, de l’asymétrie du confinement. Mais pas question d’être purement académique : des papiers de jeunes, par exemple une recherche réalisée dans le cadre d’un mémoire de fin d’études, sont aussi publiés. Les collaborations avec d’autres associations sur le terrain de la jeunesse sont fréquentes.
Chaque mensuel propose un dossier. En mai 2020, celui-ci questionnait le maintien du lien en temps de coronavirus et donnait la parole aux professionnels comme aux jeunes via la rubrique « Jeunes à droits ».
Particulièrement en lien avec le système judiciaire, les pages « Jurisprudence » informent des décisions judiciaires – belges mais aussi d’autres cours ou tribunaux – le plus rapidement possible.
En mai 2020 toujours, il est question de l’expulsion collective d’étrangers, du respect de la vie privée et familiale, de l’autorité parentale, de la filiation et de la cohabitation ou encore des sanctions administratives communales…
Suit encore une rubrique « Ici et ailleurs », reprenant le meilleur et le pire de l’actualité belge et étrangère et une curieuse page titrée « Les bésicles de JiJi », où l’on découvre comment la langue française et l’orthographe sont parfois malmenées dans un arrêté ministériel, un décret, un magazine universitaire, à la RTBF ou ailleurs.

Au cœur du sujet

Terminons notre présentation du JdJ par un commentaire du rédacteur en chef qui nous ramène au cœur de ses préoccupations :
« On parle peut-être de plus en plus les droits de l’enfant, du jeune, mais si ceux-ci ne sont pas appliqués, ils créent encore plus de frustrations. Dire à un jeune ‘Tu as des droits mais tu ne vas pas pouvoir les exercer maintenant, c’est trop compliqué, tu dois attendre’, c’est risquer de créer une frustration socialement dommageable ».
En effet, le jeune qui connait ses droits et constate qu’ils ne sont pas respectés risque bien de vouloir régler son problème à sa façon et de faire justice lui-même !

Mensuel « Le JdJ » (www.jdj.be) – Abonnement annuel : 70 euros – En libre accès libre sur le site www.jdj.be six mois après sa sortie.

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