L’actualité commentée

Décembre 2015

40 mois de prison avec sursis pour des coups et blessures ayant entraîné la mort. Seulement ?

Le 21 décembre 2015

7 avril 2012. Lors d’un accident entre un bus et une voiture, un superviseur de la Stib vient faire le constat. Un homme intervient violemment, frappe brutalement le superviseur qui tombe. Sous le choc, il meurt.
10 février 2014. Cet homme est condamné à 40 mois de prison avec sursis.

Mots-clés associés à cet article : Peine , Prison , Sursis

Beaucoup de gens ont été choqués ; ils estiment que cette peine est trop faible pour une mort d’homme. Qu’en penser ?

Punir pourquoi ?

Les lois existent pour permettre aux gens de vivre ensemble. Il est donc normal, logique, de punir quelqu’un qui ne les a pas respectées. La peine affirme et met en évidence que ce comportement est inadmissible, intolérable.
Ceci étant dit, le juge doit appliquer la loi et rien que la loi. Or le droit belge dit qu’un coup volontaire sans avoir voulu provoquer la mort peut être puni d’un emprisonnement de 8 jours à 5 ans. En décidant une peine de 40 mois, le juge a donc bien appliqué la loi.
D’autre part, lors d’un procès pénal, le magistrat juge un homme tel qu’il est à ce moment-là. Il ne juge pas l’acte, ni ses conséquences, ni l’homme qu’il était au moment des faits soit près de deux ans plus tôt.
Alors, interrogeons-nous sur le but d’une peine : elle doit permettre au coupable de retrouver sa place dans la société. Et ce, dans son intérêt mais aussi dans celui de tous : mieux vaut un bon citoyen qu’un délinquant ! Ce qui explique le sursis soit une période d’épreuve, de test, pendant laquelle la peine ne sera pas exécutée si le coupable ne commet pas d’autres infractions. Le juge a décidé ce sursis après avoir examiné la situation actuelle du coupable : ses regrets véritables, sa vie passée, son travail, l’absence de danger de récidive…
Enfin, certains citoyens s’insurgent contre des peines qu’ils trouvent trop peu importantes parce qu’ils croient que punir un coupable empêchera d’autres personnes de commettre un même acte. Mais cet effet dissuasif n’est prouvé par aucune étude scientifique !

Rejeter la vengeance

Finalement, décider de l’importance d’une peine en fonction de la souffrance des victimes, n’est-ce pas chercher à venger les victimes ? Estimer que, puisqu’elles souffrent, le coupable doit aussi souffrir ? Cela équivaudrait à appliquer la vieille loi du talion : « œil pour œil, dent pour dent ». Mais la vengeance ne permet pas le vivre ensemble ! La loi belge la proscrit.

Commentaires

  1. 40 mois de prison avec sursis pour des coups et blessures ayant entraîné la mort. Seulement ?

    4 février 2019

    Doris Pappens

    Finalement, la conclusion de votre
    article confirme, si besoin en était,
    que la justice prend le parti des
    coupables et n’a aucune considé-
    ration pour les victimes !
    40 mois de prison sans sursis n’eût
    été que Justice pour des coups et
    blessures ayant entraîné la mort
    même sans l’avoir voulue et cela
    n’a rien à voir avec un désir de
    vengeance dans ce cas, car la per-
    sonne décédée, elle, ne peut plus
    se défendre et ses proches ont
    subi une perte irrémédiable que
    même la perpétuité ne pourra
    JAMAIS réparer !
    Chercher à venger les victimes
    reviendrait à faire subir au cou-
    pable le même sort qu’il a infligé
    à sa victime, ce qui est loin d’être
    le cas dans ce jugement !
    Voilà la raison pour laquelle je le
    trouve trop clément et aussi pour
    laquelle je ne peux partager votre
    conclusion.

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